Découvrez l'histoire de la Porsche Carrera GT

Présentation de la Carrera GT

Réalisé en partenariat avec Flat6 Magazine

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La Carrera GT se dévoile en premier lieu sous la forme d’un concept car montré au Mondial de l’Automobile en 2000. Une voiture proposant 558 ch et conçue par le service compétition de Porsche. Trois ans plus tard, au salon de Genève, la version de série n’a guère changé esthétiquement (modification des feux, ajout d’un double toit démontable, légers changements pour l’habitacle) mais gagne en cylindrée (de 5,5 à 5,7 litres) et en puissance avec ses 612 ch. La Carrera GT est un roadster biplace à moteur central arrière. C’est à peu près son seul point commun avec le Boxster! En effet, l’auto place la barre beaucoup plus haut en matière de techniques de fabrication, de prix et de performances. Sa coque est entièrement faite d’un mélange de matières synthétiques et de carbone appelé CFRP, y compris la baie du pare-brise et la cloison séparant l’habitacle ! Cette coque ne pèse que 100 kg. Le réservoir est derrière l’habitacle afin de préserver l’équilibre des masses sur cette auto à l’empattement long de 2 700 mm. C’est le plus long jamais vu sur une Porsche, GT1 comprise ! La carrosserie aussi est en carbone, avec quelques éléments en alu, et la Carrera GT reçoit un fond plat aussi en carbone. Carbone également à l’intérieur, avec également du cuir, du bois et du magnésium. Mais le cœur de l’auto c’est bien sûr son extraordinaire V10, posé dans un berceau en carbone. Le moteur ne pèse que 214 kg car Porsche a massivement utilisé des alliages légers dans sa fabrication. Le bloc est placé sous un capot semi-transparent, dont les grilles permettent de le deviner. Il propose les dernières technos en date : 4 soupapes par cylindre, carter sec, bielles en titane, Vario Cam et son échappement est à deux lignes séparées. Sa boîte 6 rapports a un embrayage en céramique, une grande première. Question châssis, les essieux sont à doubles triangles et les combinés ressortsamortisseurs sont actionnés par des poussoirs en acier spécial. Les bras des suspensions sont en alu matricé et vissés directement sur le châssis. La direction assistée aussi est vissée sur la coque. Les disques ont un diamètre de 380 mm et 34 mm d’épaisseur. Les étriers alu sont des 6 pistons et l’auto a l’ABS et l’antipatinage ASR (agit sur le moteur) et ABD (sur les freins). Les roues sont à fixation centrale. Elle sont en magnésium matricé, les avant de 19 ‘‘, les arrière de 20. Les Michelin (265/35 ZR 19 et 335/30 ZR 20) ont deux textures de gomme, une sur les épaulements et l’autre sur la bande de roulement

SENSATIONS DE CONDUITE

Avec la Carrera GT, la mise dans l’ambiance commence à l’arrêt. D’abord parce que l’esthétique de la voiture est superbe mais aussi parce que, pour s’installer, il faut enjamber un seuil de porte énorme et se glisser dans le siège. On se croirait déjà dans une voiture de course ! L’embrayage est sec, et ferme. Il faut savoir le manier pour ne pas se faire surprendre et caler. Mais il contribue aussi à cette ambiance course. Tout comme la sonorité du V10, juste derrière vous. De l’intérieur, on entend un mélange de bruits mécaniques et des sons émanant de ce moteur. Un régal. La position de conduite est excellente avec ce levier de vitesses en bois qui tombe pile sous la main. La Carrera GT a beau être une supercar, elle reste une voiture moderne qui accepte sans rechigner d’être docile. En 6e, elle peut tout autant faire les bas régimes que repartir sans faiblir à l’assaut des régimes élevés. Mais c’est bien entendu en rétrogradant qu’on va prendre à fond l’effet accélération de cette véritable bête sauvage. Un fauve qui s’apprivoise néanmoins, et propose un comportement digne d’une voiture de course, tout en restant une voiture de production. C’est cette capacité à mélanger les deux qui rend la Carrera GT encore plus fascinante. La Carrera GT est un truc de fou, capable de passer de la douceur à la fureur et d’oublier tout ce qui bouge sur la route. En même temps, c’est une régalienne qui n’a pas besoin en permanence de prouver ce qu’elle sait faire tellement elle inspire le respect. Surtout à chaque accélération placée. Ainsi en 2ème, soit elle reste rivée à la route si le revêtement est bon, soit elle cherche sa motricité et fait appel au Traction Control si ce n’est pas le cas. Voilà qui permet de rappeler au conducteur que sur route, cette auto d’un autre monde oblige à garder la tête froide et à rester humble. Les limites sont très loin, mais peuvent arriver bien plus vite qu’on ne le croit. On arrive vite partout et il faut anticiper en permanence et se montrer fin au volant et avec les commandes. Ses pneus énormes donnent beaucoup de grip, mais on sent aussi que la moindre erreur ne sera pas pardonnée. La Carrera GT reste une Porsche exclusive pour une clientèle exclusive. Désolé mais non, elle n’est pas à mettre entre toutes les mains

CONSEILS POUR BIEN ACHETER

Cette rubrique est forcément un peu différente lorsqu’elle traite d’un modèle d’exception comme la Carrera GT. Les conseils sont à la fois usuels (trouver un modèle à l’historique limpide et qui aura scrupuleusement respecté le programme d’entretien Porsche – encore plus ici qu’avec une autre voiture) et spécifiques. Ainsi mieux vaut-il acheter une version européenne, les américaines n’ayant pas l’exacte puissance de 612 ch. Ensuite, il est préférable de se tourner vers des professionnels pour la trouver, la Carrera GT n’étant pas exactement le genre de modèle qui se trouve en petite annonce sur le Bon Coin (encore que…). Regardez les pros qui annoncent dans les pages PA à l’arrière de votre Flat 6 mensuel et vous aurez déjà une bonne idée de vers qui se tourner. Questions fiabilité, le recul manque pour juger la Carrera GT. Non pas sur le plan du temps, mais plutôt du kilométrage. Par définition, ce type de voiture roule peu. A ce stade, RAS, à l’exception de l’embrayage. Il est difficile à utiliser et peut donc s’user vite. Or cette pièce en céramique coûte la bagatelle de 8 000 € à changer ! Ne comptez pas dépasser les 20 000 km avec un embrayage. Et oui, on est ici dans le domaine des vraies supercars. Super exclusives. Super performantes. Et parfois super chères à entretenir. A ce propos, les intervalles d’entretien sont standards pour une Porsche des années 2000 : une petite révision tous les 20 000 km et une grosse tous les 40 000. La petite vaut environ 1 000 € mais la grosse peut aller jusqu’à 10 000 euros !

BON À SAVOIR

La Carrera GT a été construite à Leipzig, dans l’usine ultra moderne installée par Porsche dans cette ville de l’ex-RDA qui est aujourd’hui dédiée aux moteurs avant, Cayenne et Panamera et depuis peu, le petit nouveau, le Macan. Les 1270 exemplaires ont été construits de 2004 à 2006. La Carrera GT existe parce que Porsche avait dans l’idée de construire une LMP1 pour disputer les 24 Heures du Mans, probablement en 2000. Le V10 conçu pour cette machine fut ensuite utilisé pour le projet d’une supercar. A ce jour, Porsche n’a jamais admis officiellement l’existence de la LMP1. Mais un proto aurait pourtant bien roulé avec Alan Mc Nish et Bob Wollek. L’usine le sortira-t-elle un jour de ses cartons? La chasse aux kilos est omniprésente. Ainsi les éléments de toit ne font que 2,4 kg chacun. Ils se rangent en commençant par le côté passager avant de passer à celui placé au-dessus du conducteur. La Carrera GT ne pèse que 1380 kg au total. L’aileron permet de fournir un appui supplémentaire de 30% lorsqu’il est déployé, chose qu’il fait à 120 km/h pour ensuite se rabaisser à 80 km/h. La Carrera GT c’est du quasi fait main. Le procédé de fabrication, qui utilise un ensemble de matériaux appelé CFRP, est si complexe que construire les éléments de châssis et de carrosserie peut nécessiter jusqu’à 400 opérations différentes et prend une semaine de travail par élément. Sur la Carrera GT, la clim et la radio étaient des options gratuites. L’auto était en revanche livrée de série avec une bagagerie complète : 5 sacs en cuir, chacun prévu pour se loger dans un emplacement précis de l’auto. Mais lorsque les éléments de toit sont rangés dans le coffre, il ne reste plus de place pour les bagages

Publié le jeudi 8 avril 2021 par Rose Passion