Découvrez l'histoire de la Porsche 928

Présentation de la 928

Réalisé en partenariat avec Flat6 Magazine

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Destinée à succéder à la 911 et afin de répondre aux nouvelles normes américaines en terme de bruit, de pollution et de sécurité passive, la 928 est présentée en mars 1977 au salon de l’auto de Genève. C’est une voiture d’ingénieurs. En effet, partis d’une feuille blanche, ceux-ci ont eu toute la liberté de créer la GT parfaite. Elle fût d’ailleurs élue voiture de l’année 1978. Le V8 tout aluminium est initialement conçu en 5l. Il sera dégonflé à 4,5l (240 ch) en raison de la crise pétrolière. La boîte de vitesses est repoussée à l’arrière et reliée rigidement au moteur par le transaxle contenant l’arbre de transmission. Grâce à son essieu arrière multibras «Weissach», la 928 propose une excellente tenue de route. La voiture est d’emblée proposée en boîte mécanique comme automatique. En 1980, elle est épaulée par la 928 S (4,7l). Ses 300 ch donnent à la 928 S le caractère sportif qui manquait à la 928. Un spoiler avant et un becquet arrière permettent d’identifier au premier coup d’œil ce nouveau modèle mais surtout améliorent le cx. En juillet 1982, la 928 originelle tire sa révérence, la S seule continuant à être produite. En 1984, la 928 S2 intègre une injection électronique qui ne fait gagner que 10 ch mais réduit sensiblement la consommation. L’ABS fait également son apparition. La S4 inaugure en 1987 de nouveaux boucliers avant et arrière et un aileron. Ces modifications lui confèrent une ligne beaucoup plus moderne. C’est moins visible au premier coup d’œil, mais des volets orientables dans l’entrée d’air principale et des plaques sous le moteur permettent un gain spectaculaire sur le Cx. Le V8 passe à 5l et reçoit deux arbres à cames par rangée de cylindres. Les 320 ch emmènent la S4 à 275km/h. La version à boîte mécanique sera épaulée par la GT (330 ch) en 1989, puis disparaît du catalogue dès l’année-modèle 1990. La S4 à boîte automatique et la GT à boîte mécanique sont alors les deux modèles restant au catalogue. En 1992, la GTS remplace ces deux modèles avec un V8 de 5,4l de 350 ch. La GTS se reconnait à ses ailes arrière élargies, accompagnées d’un bandeau réfléchissant sur le bouclier arrière, ses rétro cup, et ses jantes 17’’. Merci : Un grand merci à Alex Blieux, Samuel Fournis et Roger Roudeau du Club Porsche 928 (www.clubporsche928.fr) pour leur aide dans réalisation de ces pages

SENSATIONS DE CONDUITE

La 928 est une GT. La position de conduite est très confortable. Les sièges électriques possèdent 4 réglages et le volant réglable en hauteur emmène le combiné afin que les compteurs soient toujours visibles et les commandes situées sur sa périphérie accessibles. A partir de 1989 celui-ci comprend l’affichage digital de l’ordinateur de bord et les sièges sont à mémoire. Les places arrière conviennent bien aux enfants ou aux adultes de petite taille. Les pare-soleil arrière évitent les coups de soleil sur les nuques fragiles. Contrairement à beaucoup d’autres Porsche, la clé du démarreur est à droite. A l’usage, cette voiture possède une double personnalité, très douce et confortable dans le bas du compte-tours ; beaucoup plus rageuse et amusante au-delà des 4000 tr/ mn. Elle reste un piège à permis en France si l’on n’est pas raisonnable. Considérée à l’époque comme une grosse Porsche, la 928 n’a pas à rougir de ses 1500 kg face aux 911 modernes. Traverser la France avec est un vrai bonheur, à condition que la clim soit opérationnelle car la ventilation n’est pas très efficace. Même si l’autoroute est son terrain de jeu, elle se montre très dynamique sur les petites routes de campagne où le couple du V8 combiné à l’essieu Weissach font merveille. Sur route humide, il convient d’être prudent pour maitriser toute la puissance délivrée aux seules roues arrière. Coté sonorité, autant les modèles 928 et 928 S sont expressifs, autant les modèles à partir de la S4 sont discrets. Il devient alors indispensable de remplacer le silencieux arrière par un RMB qui permettra alors au V8 de s’exprimer plus librement tout en restant acceptable pour les forces de l’ordre. Il suffit de quelques kilomètres à son volant pour vraiment apprécier celle qui est, sans doute, la plus grande GT des années 80

CONSEILS POUR BIEN ACHETER

Malgré les quelques 61 000 exemplaires produits sur 18 années, la 928 n’est pas très courante, surtout en bon état. En effet, beaucoup de 928 sur le marché sont bien fatiguées et nécessitent à plus ou moins long terme une remise à niveau couteuse pour redevenir les belles GT qu’elles étaient. La courroie de distribution et la pompe de liquide de refroidissement doivent être changées tous les 5 ans, ou 80 000km pour les gros rouleurs. Il s’agit d’une opération relativement onéreuse et bien des propriétaires «l’oublient» avant la vente. Les boîtes de vitesses automatiques nécessitent un contrôle régulier de l’ajustement de l’accouplement moteur\arbre de transmission. Les boîtes manuelles peuvent présenter une faiblesse des synchros, de seconde en particulier, vers 150 000km. Les consommables tiennent bien le choc mais là aussi rien n’est inusable. T outes les 928 ont bénéficié d’une bonne protection anticorrosion mais les années et surtout les chocs vont forcément finir par laisser apparaître des faiblesses. Le bas des vitres de custode est un endroit relativement courant, surtout pour les voitures qui restent souvent dehors. Les éléments en aluminium (portes, capot moteur et ailes avant) ne souffrent normalement pas de la corrosion mais ils nécessitent un bon travail pour réparer les dégâts éventuels. Attention, les premiers modèles ont utilisé une rotule en aluminium au niveau de l’articulation inférieure des bras de suspension avant. Il est fortement recommandé de la remplacer par le modèle ultérieur, en acier. Il est aussi recommandé de vérifier l’âge des durites d’alimentation en essence, qui deviennent cassantes avec le temps et la chaleur sous le capot moteur. Le boîtier d’injection des versions 32 soupapes peut lâcher mais il est possible de le faire reconditionner. L’injection K-jetronic des premiers modèles n’apprécie pas les immobilisations prolongées. Les «accessoires» doivent être vérifiés car les remises en état peuvent être complexes et longues. La climatisation en particulier doit être bien suivie! Bref, le meilleur conseil, c’est de contacter le Club Porsche 928 sur lewww.clubporsche928.fravant de craquer pour le requin des routes

BON À SAVOIR

CLUBSPORT

Produite à 19 exemplaires, la version Clubsport de la 928 est certainement la plus rare des modèles de série. L’équipement et l’insonorisant ont été revus pour gagner une centaine de kilos par rapport à la S4. La climatisation reste de série, mais le compresseur est plus léger et l’acheteur pouvait la supprimer à la commande. En revanche, autoradio, condamnation centralisée, sièges électriques, l’essuie-glace arrière et rétroviseur droit étaient normalement supprimés. Les arbres à cames et la gestion électronique sont revus pour changer le caractère. Le pont raccourci aide à favoriser les reprises. Les suspensions sont légèrement plus fermes. Il y a aussi eu une variante anglaise, la Sport Equipment, produite à 42 exemplaires. Celle-ci conservait un équipement plus généreux. En 1989, la GT combinera la mécanique de la CS avec l’équipement de la S4

Publié le dimanche 8 novembre 2020 par Rose Passion