Découvrez l'histoire de la Porsche 911 SC

Présentation de la 911 SC

Réalisé en partenariat avec Flat6 Magazine

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La SC, pour Super Carrera, est une 911 des heures sombres. Celles durant lesquelles Ernst Fuhrmann, le patron de Porsche de 1972 à 1980, veut enterrer l’auto. Pour le millésime 78, l’usine fusionne les deux modèles en un. Exit les 2.7 et Carrera 3.0, bienvenue à la SC. Enfin, le mot est un peu fort, car les fans sont déçus par une puissance qui baisse sur un modèle qui, à part ça, n’évolue pas. Monogramme excepté, la SC est identique à la Carrera 3.0, ce qui veut dire que la ligne fine et étroite de la 2.7 disparaît, la SC conservant les ailes larges de la 3.0. Ses jantes sont des ATS, et ses entourages (vitres et phares) sont chromés. La clientèle préfère autre chose et la plupart des SC sont livrées en Fuchs 15» ou 16» avec l’option entourages noirs. A l’intérieur, c’est l’habitacle de la Carrera 3.0 avec l’affreux volant des 2.7 ! Du coup, les SC sont souvent commandées avec le volant 3 branches optionnel de la Turbo. Sous le capot, le flat 6 a perdu des chevaux mais gagné du couple. La souplesse est donc privilégiée. La boîte est celle de la Carrera 3.0, avec un embrayage moins bruyant et plus facile à régler. La Sportomatic reste disponible. Au millésime 79, on tient compte des souhaits de la clientèle. Les entourages noirs sont maintenant de série et c’est le chrome qui devient optionnel. Ce dernier sera définitivement abandonné au millésime 80. Même l’arceau des Targa devient noir. Le volant 3 branches passe également en équipement de série, tout comme la console centrale. Mais surtout, la puissance augmente et passe à 188 ch, avec une conso qui baisse de 10%. Au salon 1980, donc pour le millésime 81, Porsche présente la SC 204 ch. Pas de différences extérieures, exceptés les rappels de cligno orange sur les ailes avant. Cela ne concerne que les européennes, puisque les américaines ont les clignos intégrés dans des pare-chocs différents. Le 3 litres reprend les arbres à cames de la Carrera 3.0, plus vifs, et voit le dessin de ses têtes de pistons modifié, entre autres changements, pour gagner 16 ch

SENSATIONS DE CONDUITE

Alors ? Que dire de ce moteur 180 ch qui fit couler tellement d’encre ? Il est très souple lorsqu’on roule cool. Il est capable de reprendre tranquillement sur n’importe quel rapport et se révèle facile à vivre. Il n’est pas capricieux et c’est un excellent compagnon de route. Si on veut vraiment le solliciter, il va certes paraître un peu creux à bas régime pour s’exprimer pleinement à partir de 4000 t/mn. Mais il y a largement de quoi prendre du plaisir et dans certaines conditions, petites routes humides par exemple, vous vous amuserez autant avec une SC 180 ch qu’avec n’importe quelle autre 911. La direction est moins lourde que sur les générations suivantes, tandis que les freins et la boîte 915 sont parfaitement en phase avec ce modèle. Pour donner une bonne idée du caractère de cette auto, certains propriétaires de SC 180 ch trouvent la 3.2 plus brutale et plus difficile à conduire. La SC est certainement moins exigeante pour ceux qui n’ont pas complètement assimilé le fonctionnement d’une auto avec flat 6 en porte-à-faux arrière. En passant à la 204 ch, on trouve une auto finalement proche de la 3.2. La SC est quand même moins performante que cette dernière, et que son ainée la Carrera 3.0. En sautant de l’une à l’autre, on sent la différence. Mais isolée, la SC se défend très bien et procure tout ce plaisir unique qu’on attend d’une 911. Côté boîte, chaque rapport de la 915 s’enclenche avec un mélange de précision et de fermeté. La boîte est juste parfois trop ferme, surtout en ville. Pour résumer, disons qu’une SC 204 ch, c’est exactement une 3.2, mais avec quelques chevaux en moins. Le plus surprenant aurait finalement été que ces deux autos si proches dans la conception comme dans l’arbre généalogique de la 911, soient très différentes dans les sensations qu’elles distillent

CONSEILS POUR BIEN ACHETER

La cote des SC reste un peu en dessous de celle des 3.2, ce qui paraît à la fois normal et positif pour ce modèle, puisque cela ne peut que renforcer son intérêt pour qui cherche une caisse G sans être focalisé sur les 231 ch de la plus récente des deux. Surtout qu’avec 27 984 SC construites en «phase 1», c’est à dire en version 180 ou 188 ch, et 25 936 SC 204 ch, on pourrait penser qu’en trouver une est facile. En réalité, il n’en est rien. La SC souffre de son impopularité. Commercialisée lorsque la 911 était vraiment au creux de la vague, longtemps dans l’ombre de la 3.2 (l’a-t-elle d’ailleurs vraiment quitté), la SC a manqué d’amour et les exemplaires partis à la casse doivent être nombreux. N’oublions pas non plus celles qui furent transformées, soit en espèce de pseudo modèle plus récent, soit au contraire en modèle plus ancien avec la vague du «backdating» consistant à donner à une voiture plus moderne (et donc plus facile à utiliser), le look et le charme d’une ancienne. Doit-on privilégier un modèle de SC par rapport à un autre ? A priori non, même si la 204 ch est bien entendu plus performante, l’intérêt de ce modèle se situe aujourd’hui surtout dans l’optique de la collection. On visera donc d’avantage un état, qu’une motorisation. Plus une voiture est proche de son état d’origine, plus son intérêt sera grand. La fiabilité ne devrait pas poser de problème. La SC, et même plus encore la 3.2, sont considérées comme quasi incassables. Une réputation en béton. Mais attention aux voitures sur lesquelles les propriétaires ont cru bon de faire rimer fiabilité avec négligé. Il s’agit quand même d’autos de 35 ans. L’inspection de pré-achat se doit donc d’être rigoureuse, y compris au niveau de la rouille. Car même si les carrosseries sont galvanisées, il faut quand même tout regarder. Mais globalement, la SC souffre plus de sa qualité générale que de défauts particuliers. Comme elle est très solide, elle n’a pas toujours été très bien entretenue puisqu’elle est capable d’encaisser sans broncher bien au-delà des intervalles de révision recommandés. Le seul vrai conseil est donc la minutie. Regardez là sous toutes les coutures (en allant jusqu’à s’assurer, par exemple, que le moteur correspond bien au millésime) et vous devriez éviter les pièges

BON À SAVOIR

CHROME

Comme indiqué dans le texte principal, le chrome était d’abord de série avant de devenir optionnel puis de disparaître complètement. Et même lorsque les entourages chromés étaient de série, les acheteurs avaient tendance à prendre l’option «sans chrome». Du coup, aujourd’hui, les modèles chromés apparaissent plus authentiques et peuvent, selon leur état, se voir accordés une valeur plus importante

CABRIOLET

A l’aube de sa carrière, la SC fait revivre un type de carrosserie qu’on n’avait plus vu chez Porsche depuis 18 ans, et jamais encore sur une 911 : le cabriolet ! Il est basé sur la SC 204 ch, et présenté au salon de Genève fin 82. La capote est composée en partie d’éléments rigides, de manière à ne pas se déformer à haute vitesse et à mieux protéger les occupants en cas de retournement. La vitre arrière est à zip et peut donc s’ouvrir indépendamment de la capote. Cette dernière est manuelle. La SC cabrio ne vivra que le temps d’un millésime, avant de céder la place, comme l’ensemble de la gamme, à la 3.2

AUTOMATIQUE

La Sportomatic est toujours proposée sur les premières SC, mais est abandonnée sur la 204 ch, qui n’est du coup disponible qu’en boîte manuelle (5 rapports)

AEROKIT

L’aileron arrière était une option appréciée, nombreux étant les propriétaires voulant jouir de l’image de la Turbo. Celui monté sur la SC était plus fin, et son dessin fut légèrement changé pour le millésime 82. En Angleterre, on pouvait même commander une SC «version sport», avec spoiler, aileron, jantes de 16’’ et ressorts plus fermes. Le précurseur de l’aérokit proposé sur les 911 modernes, en quelque sorte

PUNIS

Les américains n’ont jamais bénéficié de l’augmentation de puissance et ont donc toujours gardé des SC à 180 ch. Cela rend les modèles de provenance américaine moins intéressants sur le marché de l’occasion

FERRY LIMITÉ

En 1981 fut proposée à 200 exemplaires une série limitée «Ferry Porsche» pour fêter les débuts de Porsche en 1931. Ces modèles sont identifiables à leur numéro de pack option M403. Outre diverses options et une couleur gris météor, ces autos ont les sièges siglés Ferry Porsche

WEISSACH

Autre série limitée, proposée en Amérique cette fois, la «Weissach» tirée à 408 exemplaires avec le code option M439. 3.1 Sur la base soit du 180 ch en 1979 ou du 188 ch en 1980 furent créées une centaine de SC 3.1. Il s’agissait d’un projet d’accroissement de la puissance par augmentation de la cylindrée, qui fut abandonné au profit de la 204 ch, mais pas avant la construction de quelque cent voitures, identifiables uniquement par une inscription 3.1 à côté du numéro du moteur, et dont certaines ont été vendues

Publié le jeudi 15 octobre 2020 par Rose Passion